Exposition « Chérie j’ai rétréci les véhicules de la Gendarmerie »
Par   |  29 septembre 2021

Inaugurée lors des journées du patrimoine le 18 septembre dernier, au sein du Musée de la Gendarmerie Nationale situé en Seine et Marne, à Melun précisément, l’exposition éphémère « Chérie j’ai rétréci les véhicules de la Gendarmerie » se propose de nous faire découvrir ou redécouvrir les véhicules ayant équipés la Gendarmerie Nationale au court des 70 dernières années ! Et comme les murs du musée ne sont pas extensibles, ceux qui ne pourront pas être présents physiquement, seront tout simplement représentés par leur miniature, ingénieux et ludique.

Commençons par l’exposition permanente, qui, s’étalant sur 1 200m2, retrace l’histoire de l’institution, du moyen âge à nos jours. Rien de rébarbatif, bien au contraire, tant la collection s’avère varié et bien présentée, sans oublier une bonne dose d’autodérision, dont la Gendarmerie se montre particulièrement bien pourvue, notamment du côté de la boutique. Et comme il s’agit de présenter aussi bien l’histoire que le contexte, on se laisse vite prendre au jeu de la découverte, au grès des deux étages particulièrement bien agencés.

Mais ce qui nous intéresse particulièrement, en tant qu’amateurs d’automobile, se trouve au rez-de-chaussée. En effet, outre la Renault 4 Sinpar 4x4x trônant fièrement devant l’entrée, une salle spécialement aménagée pour les deux mois de notre exposition éphémère, abrite une petite dizaine de véhicules historiques en chair et en os, ou plutôt bakélite et tôle !

Une Subaru de la BRI, accompagnée de deux moto BMW et Yamaha (récente, nous y reviendrons) et leurs mannequins présentant les tenues, avant/après l’évolution des protections, sans oublier « l’inoubliable » radar obus (peut être pas le meilleur souvenir !). Une 505 break, elle aussi accompagnée de son cinémomètre d’époque, l’inénarrable « Barbecue », jouxtant un très intéressant break Peugeot 203 intégrant son poste de communication.

Aux extrémités, « les clous du spectacle » se répondent. D’un côté une bien rare Citroën A, dite FAF (Facile A Fabriquer, Facile A Financer…), celle de Latché, qui accompagnait le Président Mitterrand lors de ses visites. Basée sur un ensemble mécanique de 2CV, mais doté d’une transmission à 4 roues motrices, elle ciblait surtout les pays en voie de développement, mais sa simplicité, son efficacité ainsi que son faible cout d’achat et d’utilisation les verrons débarquer, en petit nombre dans l’armée, dont 2 dans la Gendarmerie.

De l’autre côté, la mythique Alpine A310 de la BRI. Arrivée en remplacement de sa petite sœur A110, elle sut s’imposer, notamment par des qualités de stabilité bien supérieures. La version qui nous est présentée est équipée du V6, la seule série 2 ayant servie dans la BRI. Si le look est mythique, les souvenirs dans l’inconscient collectifs restent bien présent, abreuvés par les images, photo ou film dans lesquelles elle apparait.

Et puis, disséminés au grés des mises en scène, les vitrines renfermant les miniatures de tous les autres, ceux que la salle ne pouvait accueillir, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est impressionnante cette collection, même à l’échelle 1/43eme ! Des voitures, des motos, des fourgons, des bus, des camions, des… blindés, et même un hélicoptère. Du nombre, de la variété et de la qualité.

Et si cette présentation fait indubitablement travailler l’imaginaire, rien ne vaut le réel, aussi, après une petite discussion avec le réfèrent de la mémoire mécanique, ainsi qu’avec la communication de la Gendarmerie, rendez-vous est pris pour la visite en grandeur nature, un véritable privilège qui nous est accordé, cette dernière ne se visitant tout simplement… pas.

Ok, à petite échelle, cela faisait envie, mais à l’intérieur de ces 3 hangars, cette réserve est un véritable émerveillement. Ils sont, comme promis, tous là faces à nous, en vrai, bien rangés et forcément un petit peu poussiéreux, tel un musée endormi, ou en quête d’avenir. Beaucoup de véhicules sont en attente de restauration, le chantier est d’ailleurs colossal, mais le potentiel, tout simplement exceptionnel.

Petite revue de nos (nombreux !!!) coups de cœurs.
Commençons par une évidence, la collection quasi complète des véhicules de la BRI (Brigade Rapide d’Intervention). Tout y est, ou presque, depuis celle qui a ouvert la voie, la Matra Djet, et si ce ne fut qu’un coup d’essai à 4 exemplaires, c’est bel et bien elle qui va ouvrir le bal, démontrant le potentiel ainsi que l’intérêt de ce type de brigades. Légère (à peine plus de 700kg) et doté d’une mécanique 1255cm3 issue de la Renault Gordini développant 105cv, elle promettait 200km/h et au milieu des années 60, c’était pas rien. Reste une stabilité que nous qualifieront d’aléatoire, expliquant probablement sa courte carrière.

Nous pourrions sans problèmes rester des heures à l’observer sous tous les angles, si ses voisines n’étaient pas, elles aussi digne d’un intérêt plus qu’approfondi. Pas d’A110, mais plusieurs versions d’A310, notamment coursifiées, avec des jantes différentes en fonction de chaque génération, une majestueuse Citroën SM jouxtant sa remplaçante toujours issue du catalogue Citroën, une CX GTI, puis une 405 T16 aux côtés de sa sœur 306 S16, avant l’adoption de la première étrangère, avec la Subaru WRX.

Terminons ce tour d’horizon avec une plus récente Megane RS, affichant plus de 390 000km au compteur, et ne les faisant clairement pas. Ne manque à l’appel qu’une Renault 21 2l turbo pour que la famille ne soit au complet.

Du coté des véhicules destinés aux unités montagnes et relief, outre La Citroën FAF dont nous avons parlés précédemment ainsi que la 4L Sinpar, une rare Peugeot 206 FAM (66 exemplaires) , pas une véritable 4 roues motrices, mais surélevée et dotée d’un différentiel autobloquant. Evidemment la généalogie des vrais 4×4 comprend une Jeep, une tentative UMM carrossé Heuliez, l’Auverland A3 qui n’aura pas beaucoup plus de succès, ainsi que l’archi classique Peugeot P4. En montant en taille, on retrouve l’un des 5 Renault Espace 2 Quadra ayant servi lors des Jeux Olympiques d’Albertville 1992, ainsi que la seule contribution Mercedes, avec un Vito rallongé à transmission intégrale.

Dans la catégorie rareté, notons cette Citroën XM break V6 rallongée, l’une des 4 qui servait au GIGN, rallongée de 18cm pour pouvoir placer les fusils dans le coffre dans le sens de la longueur afin de gagner du temps en arrivant sur théâtre d’opération.

Evidemment, aux côtés de ces véhicules exceptionnels, se trouvent aussi tout ceux ayant accompagnés les gendarmes au quotidien, de la Juvaquatre Break à la récente Focus, en passant par la 4l, une magnifique estafette, et autre 204.

Un autre hangar accueil les « vraiment gros » véhicules. Entendez par là les bus, dont un unique LOHR sur base MAN, permettant d’emmener 28 hommes en quasi autonomie, puisqu’équipé des toilettes, de sièges couchette, et même d’une cuisine. Des blindés aussi, puisqu’on l’ignore souvent, mais la gendarmerie était investie d’une mission de défense opérationnelle du territoire en complément de l’armée de terre jusqu’à la fin de la guerre froide. AMX 13, blindés léger Panhard avec canon de 90 ou de 60, la panoplie était complète, et présente dans la réserve.

Et puis viennent les poids-lourd, comme ce Berliet GAK équipé lance à eau, de 5 000l de contenance ayant servi durant les évènements de mai 68. Sans compter les prototype, certains gendarme n’hésitants pas à se lancer dans la fabrication des outils semblant leur faire défaut, le meilleur exemple étant peut être ce TRM 2000 prototype GIGN, étudié pour permettre le déploiement express d’une unité au premier étage d’un bâtiment.

Reste les inclassables, Bateau Pechalu de brigade fluviale, motoneige (JO d’Albertville), véhicules de maitre-chien, véhicules de transmissions, ambulances, Hélicoptère Alouette 2 de sauvetage en montagne, ils assurent une variétés insoupçonnée dans les moyens de déplacement des gendarmes.
Par contre vous aurez surement remarqué le peu de moto, la volonté de conserver ce type de matériel étant malheureusement récente, mais nul doute que les années à venir verrons leur nombre s’accroitre.

Vous l’aurez compris, cette réserve est riche, très riche, au point qu’une petite dizaine d’article seraient nécessaire pour vous en présenter l’intégralité.
Au final nous n’aurons qu’un vœu : puisse cette merveilleuse collection trouver un écrin à sa hauteur afin d’offrir ce voyage dans le temps au plus grand nombre, et en attendant, précipitez-vous au musée de la Gendarmerie pour profiter de cet avant-gout appétissant proposé jusqu’au 15 novembre 2021.

Un grand merci à Magalie DUFOUR, en charge de la communication, ayant rendu possible cette visite de la réserve, ainsi qu’à Jean-Yves HARDOUIN, le réfèrent de la mémoire mécanique, pour son temps, sa disponibilité ainsi que les détails et anecdotes, dont il n’est pas avare.

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