Alfa Romeo Giulia, victime de la mode
Par   |  22 mars 2019

Ah Alfa Romeo, marque mythique s’il en est, qui a bien failli tout perdre dans les années 90 à la suite d’une série de modèles passionnants, mais construit avec une telle désinvolture que même les plus passionnés commençaient à trouver à y redire ! Fort heureusement le pire fut évité, et la marque tente de continuer encore aujourd’hui à faire perdurer l’esprit si particulier qui faisait sa réputation. Et tout ça en faisant le grand écart entre la Berlinette 4C et le SUV Stelvio ! Au milieu de cette gamme, se trouve une berline moyenne, la Giulia, chargée de perpétuer l’héritage si particulier, ayant traversé les âges depuis le modèle éponyme de 1962.

Dieu quelle est belle cette Giulia, à des lieues du design tranchant et agressif de certaines de ses concurrentes. Le trait, pourtant daté de 2015 traverse particulièrement bien le temps. Probablement moins à la mode, mais surement moins démodable ! La face avant, typique, rappelle évidement le mufle de la 4C, pendant que le profil propose un petit air de (feu la très belle) 166 avec ce long capot. Habillez le tout d’un primordial rouge Alfa, et laissez reposer sur un joli jeu de jantes en 18’’. Le résultat est tout simplement parfait. Rien de surprenant à ce qu’elle ne remporte le prix de « plus belle voiture du monde 2016 ». La paire d’échappement carénée de noir virilisant juste ce qu’il faut la partie arrière.

A bord le charme opère toujours, avec une esthétique particulièrement réussie, à la fois classique et moderne, flatteur à l’œil, et doté d’un sens pratique suffisamment développé. La partie supérieure en cuir noir avec surpiqures blanches contraste bien avec une partie basse beige, et la présence d’un insert en bois clair. Bois que l’on retrouve au niveau de la console centrale très réussie. Dommage que quelques ajustements ne dénotent légèrement comme la transition entre le bois et le plastique (dur coté levier de vitesse) de séparation avec la jambe du conducteur.

L’écran bien dimensionné (8.8’’) n’est malheureusement pas tactile, bien qu’il soit parfaitement intégré à la planche de bord, et l’ergonomie de la commande placée dans le prolongement de l’accoudoir est loin d’être parfaite, il arrive d’ailleurs que l’on appui dessus sans le vouloir.
L’habitabilité est bonne à l’avant, correcte à l’arrière bien que le tunnel de transmission ne se fasse assez envahissant, et appréciable pour ce qui est du coffre, dont l’accès est néanmoins un peu juste.

Le système audio confié à Harman Kardon est de très bonne qualité, bien qu’il ne propose qu’une faible possibilité de réglages. Et puis ça n’aurait pas couté bien cher d’ajouter un cache sur l’aimant du haut-parleur de la plage arrière, là ça fait vraiment cheap lorsque l’on ouvre le coffre !

Pression sur le bouton Star/stop placé à même le volant, et… bwoarf, le diesel fait entendre son grognement caractéristique ! M’ouais, après tout il faut bien vivre avec son temps, encore que l’on ne sache plus trop sur quel pied danser ces temps-ci. Comme à l’accoutumé, il se fera plus discret une fois en température. L’isolation phonique est d’ailleurs excellente quel que soit la vitesse. Alfa Romeo n’a pas cédé au downsizing, proposant ce moteur de 2 143cm en quatre puissances différentes (136cv, 160cv, 190cv de notre essai et 210cv). Avec son couple abondant (450Nm), il n’a pas de velléités sportives, bien qu’il soit capable d’accélérations respectables notamment en mode dynamique.

Justement, l’Alfa propose son DNA, permettant de basculer du mode normal au mode dynamique (ou éco) d’une seule rotation de son sélecteur. Chaque programme étant bien différencié des autres, et joue autant sur les suspensions, la boite, la réponse moteur et même les freins. Il permet même de basculer en dynamique tout en gardant les suspensions actives en confort. Parfait.
La consommation a oscillé entre 5.5l/100km et 8.5l suivant le type de conduite. Raisonnable.

Quel plaisir de redescendre d’un étage pour se mettre au volant d’une berline ! Surtout quand cette berline place le plaisir de conduire au centre de ses préoccupations. Propulsion équilibrée et rassurante au quotidien, elle ne rechigne jamais au sport, surtout comme ici lorsqu’elle est équipée d’un différentiel autobloquant. Utile vu le couple disponible, et une véritable invitation au sport malgré le moteur diesel forcement limité en plage d’utilisation. Vous n’avez donc plus qu’à de choisir le mode DNA correspondant à votre humeur, et soit à cruiser en A, soit arpenter vos petites routes de campagne préférées en D, voir faire un peu tout cela en N. La Giulia s’adapte et donne le meilleur d’elle-même en fonction de ce que vous souhaitez, un pur bonheur. D’autant qu’un gros travail ayant consisté à contenir le poids, cette Giulia prends visiblement beaucoup de plaisir à danser. La direction se montre précise et pas avare en remonté d’informations, mais nécessitera une certaine attention en conduite rapide sur petite route tant elle se montre directive.
En bref le comportement routier apporte tout ce que l’on attend d’une Alfa, la polyvalence en prime.

Belle à se damner pour une berline, doté d’un bon caractère tout en étant capable de quart d’heures de folie, cette Alfa se trouve à un niveau inconcevable il y a vingt ans. Et si le diable se cache dans les détails, c’est du coté de la finition qu’il faut chercher, sans que cela ne vienne gâcher le tableau cela dit. Reste l’aspect moteur, une Giulia s’appréciant indéniablement encore plus en essence, bien que ce diesel ne démérite pas en performance, et pas trop en caractère. Et puis quel plaisir ce doit être au matin d’ouvrir son garage pour re-découvrir une Giulia, prête à vous emmener ou bon vous semble.

Version essayée : Alfa Romeo Giulia Lusso 2.2l 190cv au tarif indicatif de 54 200€ TTC

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