DS7 Crossback, luxe à la Française
Par   |  27 avril 2019

Construire une nouvelle marque n’est pas une mince affaire, même avec le support d’un groupe de la taille de PSA. Si la manœuvre n’est pas isolée, surtout pour développer une offre premium, à l’image de Lexus ou Infiniti, le pari, pouvait sembler un peu fou au premier abord, et totalement inédit pour un consortium Français. Dix ans après, l’aventure semble en bonne voie, avec le lancement très récent du DS3 Crossback, et le succès de ce DS7 Crossback, tout deux dotés d’une forte et commune identité visuelle, et marquant une vraie volonté de montée en gamme. Ce dernier se payant même le luxe de jouer sur deux catégories, avec des dimensions à mi-chemin entre le segment compact (BMW X1) et celui des familiales (Audi Q5) ; l’offre tarifaire étant ciblée sur la moins chère des deux, malin !

Pas vraiment discrète dans cette livrée « or byzantin », et chaussée de très belles jantes de 20’’, notre DS7 Crossback en impose. Elle bénéficie d’une prestance marquée, et, assez surprenant pour un SUV de ce gabarit, fait retourner les têtes et nous vaut quelques pouces levés ! Il faut dire que si elle n’est pas rare sur nos routes, elle se pare bien souvent de couleurs franchement plus grisâtres et passe partout.

Rien de tout cela ici, et le travail stylistique est particulièrement mis en avant. Ligne de caisse bien tendue, surmontée d’une arche chromée marquant la découpe des vitres, face avant proéminente, alors que l’arrière se veut lui, plus rebondi, et gros, gros travail sur les signatures lumineuses particulièrement réussies, et qui valent à elles seules le coup d’œil.

A bord, le design est, disons, particulier, avec notamment une console centrale imposante, supportant les commandes de lève-vitres et autre fermeture centralisé en forme de biseaux fortement texturés. L’immense tablette tactile surmontant une rangée de commandes sensitives, le tout surplombé d’une magnifique montre BRM à aiguille, se déployant à la mise sous tension. Si le premium se défini par l’attention aux détails, celle-ci est particulièrement marquant ici ! En fait s’il demande une accoutumance plus importante que dans l’habitacle d’autres véhicules concurrents, la vie est belle à bord de ce DS7 Crossback, au point qu’il doit être quelque peu difficile de revenir à quelque chose de plus conventionnel.

La qualité des matériaux ne prête guère le flanc à la critique, que ce soit le cuir surpiqué, les plastiques moussés ou le métal crénelé, tout comme les ajustements, tout à fait au niveau des concurrents premium de la catégorie C, et pas si loin de ceux, bien plus chers de la catégorie supérieure.
L’équipement est, sur cette version « grand chic », pléthorique, que ce soit d’un point de vue confort (sièges massant !) ou technologique, avec une mention spéciale au système de vision nocturne affichant au tableau de bord, si on le souhaite, tout ce que l’on ne voit pas à l’œil nu ou dans les phares, pourtant à LED et directifs. Nous en avons d’ailleurs fait l’expérience lors d’un essai de nuit, où, sans ce système, nous aurions fait connaissance, rapproché et de plein fouet, avec une biche, probablement venue spécialement pour l’exercice. Le pop-up apparaissant subitement sur l’ecran LCD faisant office de combiné instrument, nous montrant ce que nos yeux n’avaient pas vu, et nous donnant les quelques secondes supplémentaires permettant d’initier la manœuvre d’évitement nous voyant venir frotter le postérieur de la belle, la laissant partir avec juste quelques… poils d’arrachés ! Merci, nous sommes convaincus !

Le système audio de son coté est confié au constructeur Français Focal, et fait le job sans esbrouffe, à condition de ne pas se lâcher sur le loudness qui peut vite devenir envahissant. Les possibilités de réglages sont correctes avec un égaliseur à 3 bandes.
Nous le disions en préambule, DS a positionné son SUV entre deux catégories, et l’habitabilité se trouve elle aussi à mi-chemin, voir même plus proche de la catégorie supérieure, en clair l’espace ne manque pas, et tous les passagers seront à l’aise, la soute à bagages ne manquant pas non plus de volume.

Une pression sur le bouton start apporte une petite déception, ou plutôt un léger agacement, non pas d’un point de mécanique, mais simplement car il faut maintenir le doigt dessus plusieurs secondes, le temps que le moteur démarre, là ou ses concurrentes se contente d’une impulsion. Le 4 cylindres essence de 180cv se fait lui, parfaitement discret et c’est tant mieux, sa note n’ayant rien de sportif ni même d’agréable.

Il fait donc le job, discrètement, bien secondé par l’excellente boite automatique à huit rapports, il se montre souple et rond, n’appréciant pas d’être obligé de trop monter dans les tours, son truc c’est vraiment d’enrouler sur le couple, conséquent. La consommation s’avère, dans ces conditions-là, tout à fait contenue, entre 7l et 7.5/100km

Le comportement routier est au diapason, souplesse et confort cinq étoiles malgré les roues de 20’’. Le dynamisme n’est à priori pas au programme avec un tangage assez prononcé mais un roulis bien contenu. Cela dit, une belle surprise nous attend, un levé de pied en appui laisse apparaitre un train arrière un peu plus mobile qu’imaginé. Alors même si le sport n’est pas au programme, ça fait plaisir de voir qu’elle a bien caché un petit côté espiègle pour celui qui creusera un peu.

Inaugurant la nouvelle plateforme technique PSA, en tant que porte drapeau technologique du groupe, cette DS7 Crossback est une belle réussite, en n’oubliant surtout pas de cultiver sa singularité, avec cet esprit « luxe à la Française » assez inimitable. De plus, en fonction de l’inspiration choisie, vous obtiendrez un discret SUV habitable et facile à vivre, ou bien un vrai haut de gamme, assumé et valorisant. Le tout avec un tarif bien ajusté pour des prestations véritablement premium. Ce DS7 Crossback représente bien, dix ans après le lancement de la marque, la maturité, version DS Automobiles.

Version essayée : DS7 Crossback Puretech 180 eat8 grand chic inspiration opéra au tarif indicatif de 57 840€ TTC

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