Nissan Juke 2020, le retour du pionnier
Par   |  30 août 2020

Le remplacement d’un modèle fétiche est toujours un moment d’une extrême délicatesse pour un constructeur, et on peut dire que Nissan aura pris son temps pour la genèse de sa nouvelle Juke, mettant les petits plats dans les grands. Et si nous n’étions pas particulièrement fan de l’ancienne mouture, malgré son archi-popularité, la nouvelle avait aiguisé notre appétit avec son look de concept-car, doublée de la promesse d’une amélioration de son habitabilité ainsi que de son confort.

Si le design était déjà le maitre argument de la précédente génération, que dire de cette nouveauté ? La même, en (beaucoup) mieux ! Non, avant nous n’étions pas fan, mais celle-ci, c’est un grand oui !!! Reconnaissable entre toutes, ce look est vraiment marquant. Face avant avec phare à double étage, ceux du bas reprenant l’aspect rond, mais en ajoutant une étoile à trois branches à l’intérieur, le tout surplombé de grandes paupières-feux de jour dans le prolongement du tour de calandre chromé. Une paire de moustaches inferieurs noir complétant la panoplie. Un peu moins en rondeur, le profil se tend, avec un toit légèrement tombant sur l’arrière (crossover coupé précise la pub) soulignant la poignée de porte arrière haute, pas nécessairement pratique pour les enfants, mais particulièrement esthétique, prolongé d’une barrette noire. Les flancs creusés rebondissent méchamment au niveau de l’aile postérieure, lui donnant un vrai coté sportif, surtout dans cette flashante couleur bleue, et habillée de ce jeu de jantes en 19’’. La poupe, est à la fois plus classique dans son dessin, et plus provocante par ses volumes, avec des feux en étagères, au croisement de la ligne d’aile et du pli apparaissant sous la lunette arrière. Remarquable, mais clivant, il n’y aura pas de demi-mesure, on aime ou on déteste.

L’intérieur, bien que plus classique, n’est pas décevant pour autant, grâce à quelques notes disséminées au gré de l’habitacle. Au premier rang desquelles nous trouveront les buses d’aération, à la platine en plastique métallisé accueillant des aérations au décor type balle de golf, et au matériau particulièrement agréable au touché. Quelques touches de faux carbone, une petite barrette éclairée de rouge à la base du levier de vitesse, et des matériaux, globalement de qualité, à l’exception de la partie haute des contre-portes en plastiques durs, complètent des ajustements de bonne facture et un petit rembourrage au niveau de la console centrale pour accueillir le genou confortablement. Ah oui, serait-il possible Monsieur Nissan de faire évoluer les commandes de vitres électriques, désormais franchement old school.

Mais c’était surtout au chapitre habitabilité, que nous l’attendions ce nouveau Juke. Message reçu, avec une très légère croissance de ses dimensions extérieures, il propose désormais de la place pour tous ses passagers, et leurs bagages, la valeur du coffre faisant maintenant partie des meilleurs.
L’écran central de bonne dimension, reprend les commandes classiques d’une automobile moderne, avec une bonne fluidité et une réactivité au-dessus de tout soupçons.
Nous retrouvons également avec plaisir le système audio Bose Personnal, découvert dans la Micra. Celui-ci a bien évolué, et s’il lui manque toujours un réglage de medium, l’homogénéité commence à pointer le bout de son nez, au point qu’il en devient désormais tout à fait recommandable. De plus, son design, reprenant le look d’en casque audio de chaque coté des appuis têtes avant, apporte un petit plus dans l’habitacle.

Dès le réveil du petit 3 cylindres essence, identique à celui que nous avions essayé dans la Micra, on ne peut que constater que l’insonorisation a fait l’objet d’un soin particulier. En effet, quelque soit son régime de rotation, celui-ci reste discret, en bruit comme en vibrations.
Fort de 117cv, il anime plus que correctement ce petit Juke, en ville comme sur long trajet, bien suppléé qu’il est par une boite DCT performante, maniée par un petit levier, mais qui n’affiche jamais au tableau de bord le rapport sur laquelle elle évolue. Les Drivemodes sont suffisamment différenciés, avec un mode normal à tout faire, un mode sport dynamique, et un mode eco, apathique.

Une attention particulière devra être portée aux démarrages depuis 0km/h, en effet, il y a une petite latence entre le lever de pied du frein, et le rampage de la boite, si bien que l’on a tendance à mettre un filet de gaz, qui se transforme en mise en vitesse assez dynamique, bien plus que les 117cv ne le laisse présager. Et si c’est assez agréable en marche avant, il conviendra d’en tenir compte en… marche arrière ! Finalement le seul vrai défaut de cette mécanique, est d’être la seule proposée au catalogue, là où certains concurrents, pourtant plus paisible, proposent au moins 130cv.
La consommation sait rester raisonnable, notre voiture ayant finalement affichée 6.4l/100km, sur 400km parcourus, principalement sur voies rapides.

Bardée de toutes las aides technologiques de sa catégorie, cette Nissan se permet même le luxe de proposer un régulateur de vitesse adaptatif particulièrement performant, mais le freinage d’urgence intelligent se montre, lui, un peu chatouilleux.
Précédée par une réputation de dynamisme, et un certain manque de confort de la génération précédente, la nouvelle venue se montre bien supérieure à son aïeule. En effet, si le dynamisme est toujours là, et bien là, le confort fait aujourd’hui un bon an avant. Peut-être pas suffisant pour en faire la référence de la catégorie dans ce domaine, mais largement de quoi en faire la plus polyvalente du segment, de quoi séduire tout conducteur souhaitant se faire plaisir au volant, sans subir les récriminations de ses progénitures. Il est d’ailleurs à noter que l’isolation phonique générale, au-delà de la mécanique, est particulièrement réussie, que ce soit en bruit de roulement, ou aérodynamique.

Toujours clivant par son style, ce Juke devient d’autant plus attachant qu’il a progressé dans tous les domaines. Si, parmi les constructeurs généralistes, il est, esthétiquement, ce que vous pourriez posséder de plus proche d’un concept car, il est désormais beaucoup plus que cela, devenant un choix parfaitement pragmatique, et même familial.

Version essayée : Nissan Juke DIG-T 117 DCT Tekna au tarif indicatif de 28 740€ ttc

© DrivEmotion 2020 - Tous droits réservés.

Thank you for reading DrivEmotion.

S1-MMD-181114