Renault Megane RS TROPHY, baroud d’honneur?
Par   |  13 janvier 2020

L’atmosphère ayant beau être, dans notre pays particulièrement, à la taxation à outrance et à l’autophobie, certains constructeurs, y compris généralistes, continuent à penser à la majorité silencieuse de ceux qui persistent à regarder l’automobile avec bienveillance, si ce n’est avec passion. Parmi ceux-là, Renault Sport a acquis une réputation méritée, à travers des générations de Clio et Megane RS, portants haut les valeurs des petites sportives assumées. C’est donc avec impatience, que nous prenons aujourd’hui le volant de cette dernière, en version Trophy.

Si la précédente génération était proposée exclusivement en coupé, la nouvelle n’est, elle, disponible qu’en 5 portes. Elle a néanmoins bénéficiée de modifications conséquentes de sa carrosserie, afin de répondre aux contraintes imposées par l’arrivée d’un moteur vitaminé sous le capot.

Grandes prises d’air à l’avant (avec la mention « TROPHY » sur la centrale), pare-chocs avant et arrière élargis afin d’intégrer la croissance des ailes, pour y passer les gros freins enrobés de non moins conséquentes jantes de 19’’(allégées en option). Diffuseur arrière intégrant la double sortie d’échappement regroupé dans une même canule, et feux de jour spécifiques à trois plots LED de chaque côté, au final, cette « banale » berline parait plus agressive que ne l’était le coupé précèdent, et ne manque en aucun cas de caractère.

L’intérieur parait évidement moins typé, bien que le volant ainsi que les baquets Recaro ne se signalent immédiatement à votre attention. Quelques inserts ici ou là viennent compléter cet habitacle de Megane, correctement fini, et proposant une bonne habitabilité, permettant d’emmener toute la petite famille en balade sportive.
La grande tablette centrale au format portrait est toujours de la partie, mais elle gagnerait à se montrer un peu plus rapide et ergonomique. Elle permet néanmoins, par le biais du bouton « RS DRIVE », d’accéder aux différents modes de conduite, depuis le « Confort » jusqu’au « Race ».

Chacun des 5 modes étant bien différencié du précèdent, avec pour seule doléance, une propension désagréable à vouloir vous ramener en mode « Neutre » à l’insu de votre plein gré ! En fonction du mode sélectionné, le combiné instrument qui vous fait face, va également changer de design, le Race étant particulièrement réussi, avec en plus un clignotement à l’approche de la zone rouge, permettant d’avoir un repère tout en gardant la plus grande attention sur la piste.
Coté audio, l’excellent système Bose est du voyage, et malgré un simple réglage basse/aigu, il propose une très grande clarté dans le haut du spectre, et globalement un équilibre difficile à prendre en défaut, surtout à haut niveau.

La mise ne route en mode neutre ou confort apporte une légère déception avec une mécanique particulièrement discrète, mais le sourire revient vite en sport ou race, l’échappement se libérant alors sensiblement pour apporter une note agréable et beaucoup plus sportive, avec quelques petites explosions au levé de pied. Ce moteur faisant d’ailleurs parti des points fort de la voiture, souple à bas régime, démonstratif en régime transitoire, il ne parait jamais manquer de ressources du haut de ses 300cv, et supporte même sans broncher un usage quotidien tant il se montre peu contraignant.

Bien secondé par la boite manuelle bien étagée et doté d’un levier agréable au touché, seul sa tendance à accrocher parfois très légèrement, ne parvient même pas à ternir le tableau proposé par l’ensemble motopropulseur. La consommation peut évidemment vite s’envoler lorsqu’on le sollicite, ce qu’il invite à faire, au point que la moyenne de notre essai sur route est ressortie à plus de 12l/100km, moyenne que l’on doit pouvoir faire sensiblement descendre en utilisation quotidienne.

Et le châssis dans tout cela ? Sportif ! Très sportif même, peut être trop pour rouler au quotidien, notamment sur petites routes mal revêtues, ou une version non TROPHY serait plus à l’aise. Cependant pour une utilisation sur belle route, ou mieux, sur circuit, il se montrera impérial. Suffisamment prévenant pour les novices, d’autant plus avec les 4 roues directrices présentes ici, permettant d’enrouler sans nécessairement rentrer sur les freins, et particulièrement efficace pour les amateurs éclairés. Ces derniers pouvant faire l’économie du système 4 control afin de gagner un peu en poids, et en feeling. Le grip des pneus semi-slick reste impressionnant, au point que la motricité est particulièrement difficile à prendre en défaut, du moins sur le sec.
Petit conseil néanmoins, pensez à désactiver le système de maintien dans la file (passif), parce qu’entre lui et le coyote intégré au GPS, on a vite la sensation de se retrouver dans « la voiture qui fait bip !!! »

Quel avenir pour ces voitures passions désormais de plus en plus pénalisées par le matraquage fiscal ? Difficile à dire, d’autant que ce n’était pas leur diffusion réduite qui devait beaucoup bouleverser les changements climatiques ! Alors profitons en tant qu’elles sont encore là, et félicitons Renault Sport pour ce morceau de bravoure que représente cette Megane RS TROPHY, qui plus est en boite manuelle. Racée, performante, efficace, véritable usine à sensation pour l’amateur de sortie open dominicale, elle représente bel et bien une sorte de sommet au sein de la généalogie RS (en dessous de l’extravagante TROPY-R), en espérant de tout cœur qu’il ne s’agisse pas là de la dernière représentante de cette longue lignée.

Renault Megane RS TROPHY bvm au tarif indicatif 47 500€ TTC

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