Audi S8, couteau Suisse.
Par   |  17 août 2018

Comme tout amateur de véhicule sportif, j’ai tendance à regarder avec une pointe d’incrédulité (voir d’amusement), ces limousines qui se prennent pour des voitures de sport, aussi c’est avec scepticisme que je pris possession de l’une des premières d’entre elles, à savoir l’AUDI S8 D2 de 1999. Ne vous méprenez pas, ce n’était pas les qualités de l’auto que je remettais en cause, mais plutôt sa capacité à jouer sur plusieurs tableaux à la fois.

Lorsque l’on découvre cette S8 pack AVUS dans sa classique livrée gris métal, sobriété est le premier qualificatif qui vient à l’esprit, seuls les rétros pourvus de coques en aluminium, et le sur-teintage des vitres, voir les jantes, peuvent laisser penser qu’il ne s’agit pas d’une A8 ordinaire. C’est classique, classieux, mais rien d’extravagant, pas le grand frisson au premier abord.

En passant aux commandes de ce paquebot (je connais quelques épingles ou il faudrait s’y reprendre à deux fois…ou tirer le frein à main !) de plus de cinq mètres de long, on constate à l’évidence, que l’habitabilité ne manque pas. La finition est digne de ce que l’on attend de cette catégorie d’auto, et d’autant plus d’une Audi, c’est à dire parfaite, de même que l’ergonomie, sans reproche. L’équipement enfin, est surabondant, avec notamment le double vitrage et le toit ouvrant équipé de capteur solaire, activant des ventilateurs afin de rafraîchir l’habitacle lorsqu’elle est stationnée en plein soleil, inutile, donc indispensable !

Moteur, le moins que l’on puisse dire, est que le V8 se fait discret… de l’intérieur, car au dehors, la chanson est bien plus suggestive. Le modèle de notre essai étant équipé d’une excellente (pour l’époque) boite tiptronic. Nous voici parti sur un rythme de sénateur (pure expression quand on voit les exploits de certains de nos élus…), pour apprécier le confort princier et le silence impressionnant qui règne à bord. L’auto se conduit du bout des doigts, et à aucun moment le gabarit n’est vraiment pénalisant hors agglomération. Le temps de chauffe écoulé, il est grand temps de passer aux choses sérieuses. En retombant deux rapports, on entend enfin le V8 se faire la voix, et quelle voix, le registre ne change pas vraiment en restant dans le grave, mais compte tenu de l’insonorisation, cela doit être beaucoup plus sympa de l’extérieur. Les performances semblent conformes à ce que l’on est en droit d’attend d’une sportive de 360ch, avec notamment des reprises assez impressionnantes, et la sensation de ne jamais manquer, quel que soit la situation, le tout pour une consommation moyenne de l’ordre de 14 litres aux cent kilomètres (pour un mini relevé pendant l’essai à 11l/100km) sommes toutes très raisonnable pour la catégorie. Cela dit, en jouant beaucoup, cela peut franchement s’envoler !

Coté comportement routier, j’ai tout simplement été bluffé. Qu’une AUDI équipée d’un système Quattro tienne bien la route n’est pas une surprise, mais que l’on se surprenne à la mener quasiment comme une vulgaire GTI (mises en dérives incluses !!!) est tout bonnement ahurissant. A aucun moment on ne ressent le poids (1800kg tout de même), et même l’encombrement s’oubli assez aisément, se rappelant parfois à vous malgré tout sur routes très étroites ou urbaine. De plus il n’est pas besoin d’être un pilote confirmé pour se faire plaisir au volant, et en toute sérénité, la seule réserve vient du fait que la sensation de vitesse est totalement gommée, il faudra donc faire preuve d’un minimum de concentration si l’on veut préserver son permis et avoir la tête sur les épaules pour préserver les autres usagers.

Il faut donc l’avouer, cette S8 est proche du sans faute, capable de servir fidèlement au quotidien dans un confort royal, comme de se prendre pour une super sportive à la conduite grisante suivant l’humeur de son conducteur, elle ne souffre même pas d’une consommation rédhibitoire, et seule la taille de votre garage, voir la prime d’assurance (à vérifier impérativement avant achat), pourraient apparaître comme points négatifs. Il me faut me rendre à l’évidence, cette S8 est belle et bien capable de jouer sur tous les tableaux, et avec brio.

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