Ferrari 348, mal aimée!
Par   |  20 mars 2019

Apres l’essai ô combien jubilatoire de la 328, c’était avec une certaine impatience que nous attendions l’occasion de nous glisser aux commandes d’une 348, d’abord parce qu’il s’agit du modèle lui ayant succédé, mais aussi à cause de la réputation détestable dont est affublé ce modèle. Que n’entend t’on sur elle, finition catastrophique, tenue de route imprévisible, fiabilité aléatoire, la pauvre, elle en voit de toutes les couleurs !!!

Pourtant qu’elle est belle notre 348tb, avec cet air de Testarrossa à taille (presque) humaine, malgré un petit bémol pour l’arrière, qui abandonne les feux ronds au profit de plus modernes rectangles intégrés derrière une grille. C’est incontestablement plus contemporain, mais un peu moins sensuel. La ligne générale, tendu à l’extrême, est particulièrement agressive avec une largeur en hausse de 17cm pour une longueur quasiment identique, adieu les courbes suggestives de la 328, et bienvenu dans les années 90…

L’intérieur s’est lui aussi modernisé dans son dessin, avec une console centrale proéminente et quelque peu surchargée, mais la finition n’a pas beaucoup progressée, notamment au niveau des ajustements, largement perfectibles.
La position de conduite reste aussi fortement inclinée vers la droite pour cause passage de roue, mais la direction devient réglable en hauteur (toujours pas assistée) et l’habitacle profite bien des centimètres gagnés en largeur, et l’on n’a plus l’impression (un peu désagréable) d’être assis sur les genoux du passager (pourvu que ce soit une passagère…).

Dés le démarrage, le 3.4l (en échappement de série) se montre bien plus sonore que le 3.2l de la 328, et vous arrache sans peine un sourire jusqu’aux oreilles. Après cinq bonnes minutes à l’écouter ronronner dans notre dos, on oublie tout de la mauvaise réputation de l’auto, rien que le bruit de ce moteur justifie l’achat. La boite (toujours à cinq vitesses) n’est pas dépaysante dans son maniement, et on retrouve avec plaisir cette précision teinté de fermeté de son illustre aïeule, de même que les rapports décalés dans une jolie grille en aluminium. A vous les « clong » à chaque passage de vitesse.

Dés les premiers tours de roues, l’auto se montre extrêmement rigide et précise en inscription de virage, le nez se positionnant aisément, mais l’arrière se montre un peu instable, et en augmentant (largement) le rythme, la limite entre sous et survirage se montre vraiment ténue, on en vient donc à faire des facettes en grandes courbes rapides. Pas inefficace, mais pas très élégant, et surtout pas plaisant, donnant toujours l’impression d’être sur la défensive. Sous la pluie, cela se gâte rapidement, la trop grande fermeté des suspensions empêchant la voiture de trouver ses appuis, et imposant assez rapidement une glisse qui, si elle reste assez prévisible, peut effrayer l’utilisateur dépourvu de notions de pilotage, ou habitué à rouler en voiture moderne sur assistée !
Bref une Ferrari bien plus faite pour la balade que pour l’attaque, à ne sortir que par temps sec !
Le moteur pour sa part, se montre très agréable, plus souple que sur la 328, tout en ayant gardé sa hargne à prendre des tours dans un bruit évoluant vers le râle métallique, il dispose donc d’un caractère assez semblable à celui d’une 328, mais en plus facile à vivre.

Alors, justifiée cette mauvaise réputation ? Oui en ce qui concerne le comportement routier, définitivement trop pointu à la limite (que l’on ne va chercher tous les jours cependant…) ou par temps de pluie, oui aussi pour la finition indigne, et plus ou moins pour ce qui est de la fiabilité qui dépend entièrement de l’entretien dont à bénéficié le véhicule.
Néanmoins, la 348tb n’est pas un modèle à fuir, tant sa ligne et son moteur sont fidèles à ce que l’on attend d’une Ferrari, tant elle est tout à fait capable de prodiguer un plaisir immense au rythme de la balade, et au prix auxquelles elles s’offrent actuellement, les esthètes et mélomanes y trouveront plus que leur compte, et ils auront bien raisons.

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