Mitsubishi L200, gentil géant.
Par   |  30 juin 2020

Au gré des génération, aujourd’hui la sixième, Mitsubishi propose un véhicule capable d’accompagner les artisans ayant besoin de se déplacer dans les pires conditions d’adhérence et sur tout type de terrain, tout en étant susceptible de servir à la petite famille le weekend. Ce véhicule, reposant sur 40 années d’expériences de vie à la dure, c’est le L200, un géant au cœur de guimauve, que nous essayons aujourd’hui. Alors, toujours prête cette dernière version ?

Colossal, camionnesque, impressionnant, tous ces adjectifs pourraient qualifier notre L200. Fun aussi, tant sa face avant, plus proche d’un véhicule de loisir, et doté d’un air de famille indéniable avec ses petites sœur ASX et Eclipse Cross, parait avoir été travaillé. Feux à double étages, calandre chromé proéminente, soulignée par deux boomerangs encadrant l’éclairage bas, bestial, mais travaillé.

En passant sur le profil, la bête apparait dans toute sa longueur : 5 mètres et 22 centimètres, rien que ça. Et encore, son frère à double cabine en rajoute encore une poignée, de centimètres ! Cela dit, le travail des designers a payé, avec une benne s’intégrant parfaitement à la ligne générale par le prolongement de certaines nervures, les marches pieds bien utiles, ainsi que des élargissements d’ailes bien sentis. Costaud, mais élégant, d’autant que les jantes de 18’’ ne paraissent pas particulièrement grande sur un tel véhicule.
Seule la partie arrière rappelle sa fonction utilitaire, encore que les feux verticaux avec effet 3D ne civilisent le tout.
Ce L200 se présente finalement sous deux facettes, familial et fun à l’avant, solide et travailleur à l’arrière, pour un tout particulièrement réussi et valorisant.

L’intérieur apparait un poil plus rustique bien qu’en progrès, c’est qu’il est sensé en voir de toutes les couleurs ce pickup. Si l’habitabilité avant n’appelle aucune critique, tant l’espace saute aux yeux, les choses se gâtent un peu à l’arrière. Pas tellement d’un point de vue accès à bord, par la grâce des portes antagonistes, ni en garde au toit, mais la place disponible pour les jambes sera beaucoup plus comptée, et réservé à des enfants d’une douzaine d’année maximum, ou pour de tout petits parcours. Rappelons à ce stade qu’il existe une version double cabine, désormais taxé comme un véhicule de tourisme pour les entreprises.

La finition de son coté, est tout à fait correcte. Peut-être un peu juste coté qualité des matériaux, si on la considère comme une berline, elle peut être apprécié comme très bonne si on la considère comme un utilitaire.
L’équipement, bien qu’inferieur à celui de la version double cabine, est plus que satisfaisant, avec notamment un volant chauffant, de confortables sièges en cuir, ou un écran multifonction allant à l’essentiel (GPS via Android ou Apple car play), bien que l’on regrette l’absence d’un miroir de courtoisie conducteur, de même que la position trop basse de l’accoudoir central.

Coté audio, le système nécessite un minimum d’attention pour ne pas se révéler fatiguant à l’écoute. Mais par la grâce d’un équaliseur à 3 bandes, et en s’appliquant un peu, le niveau devient plus que bon, notamment à haut régime, et sur bonne source, une excellente surprise.
La benne est, elle, particulièrement bien protégée par un revêtement plastique laissant apparaitre des crochets d’arrimage.

Depuis sa position de conduite dominante, les vibrations au démarrage (ou redémarrage en sorti de start & stop) ne surprennent pas trop. Cela dit, une fois lancé en appuyant sur le bouton positionné à gauche (comme sur une Porsche !), tout cela s’estompe, faisant preuve d’une fluidité, voir d’un velouté réjouissant. D’autant que le couple copieux présent à bas régime, permet de ne pas avoir besoin d’aller chercher les tours, et ça tombe bien puisque ce 2.2l diesel n’en raffole pas, se sentant comme un poisson dans l’eau de 1 300trs/min à 2 500 trs/min, y compris en sixième.

Régime ou il avoue une consommation de l’ordre de 8l/100km, qui peut grimper de 2 à 3 litres si vous l’utilisez contre-nature. Correct dans tous les cas, compte tenu de son volume, son poids, ainsi qu’aérodynamique.
L’insonorisation parait excellente malgré les contraintes énumérées précédemment, sans compter les pneumatiques de 265 de large.
A noter aussi qu’il parait tout à fait capable de tracter des masses conséquentes sans trop souffrir.

4X4 à l’ancienne, le châssis présente au premier abord un comportement un peu déroutant, se tortillant légèrement sur les irrégularités de la route. Mais finalement apprivoisée, la bête apparait saine et confortable, même en mode propulsion. Si les conditions se dégradent, nous ne saurions trop vous conseiller de passer en mode 4 roues motrices, basculable jusqu’à 100km/h, mais ensuite capable de vous accompagner quelque soit votre vitesse d’évolution.

La sélection du mode de transmission étant enfantin (Super Select 4WD-II), avec un rappel au tableau de bord, le sentiment de sécurité devient vite prédominant à bord. Et puis si l’envie, ou le besoin se fait sentir, ses capacités hors bitumes sont tout simplement bluffantes, avec sa gamme de vitesses courtes, voir son blocage de ponts, et toujours en toutes décontraction. Un travailleur des conditions difficiles à mettre entre toutes les mains, même les plus inexpérimentées !

Loin d’être la brute épaisse que son physique ne laisse entrevoir, ce L200 est un bon gros géant, mettant sa force Herculéenne à la disposition de ses occupant. S’il ne laisse pas indiffèrent, que ce soit de l’intérieur comme de l’extérieur, il s’avère bien plus séducteur qu’il n’y parait, tout en étant tellement facile à vivre, attention au coup de cœur !

Version essayée : Mitsubishi L200 2.2 DI-D 150 AS&G 4WD Instyle au tarif indicatif de 38 189€ TTC

© DrivEmotion 2020 - Tous droits réservés.

Thank you for reading DrivEmotion.

S1-MMD-181114