Aston Martin V8 Vantage 1977, exquise Lady
Par   |  03 avril 2019

ASTON MARTIN AM V8 Vantage, pour beaucoup d’entre nous, il s’agit là d’une superbe GT sortie en 2005 et dont la commercialisation vient de s’achever pour laisser place à une nouvelle… V8 Vantage 2018! Bref vous vous dites que c’est un peu court pour apparaitre dans la rubrique Vintage de DrivEmotion, et vous avez raison, mais bien avant 2005, en 1977 pour être précis, le constructeur avait déjà commis un superbe modèle du même nom, un peu oublié aujourd’hui, et pourtant…

En approchant de l’auto on a pas la sensation de « petitesse » que l’on peut ressentir aux cotés de certaines de ses concurrentes de l’époque, son gabarit parait au contraire bien d’aujourd’hui, assez massif même, avec cette présence, ce charisme propre aux modèles de la marque, le design est puissant et à bien traversé les âges, et pour les amateurs de séries, on s’attendrait presque à voir Lord Brett Sinclair (il s’agissait de la DBS précédente) ou James Bond (DBS également) en ouvrir la porte !

L’intérieur, de couleur “beurre frais” a plutôt bien vieillit, les siéges ne sont pas abîmés, ni les contres-portes, les matériaux utilisés sont clairement très largement au-dessus du lot, cependant l’assemblage par lui-même ne vaut pas une Mercedes de la même période, avec une poignée de porte baladeuse et la partie en dessous la boite a gants souffrant un espace de l’ordre du centimètre notamment… L’instrumentation de bord se montre complète (a défaut d’être précise comme je le constaterais plus tard), et le coffre tient ouvert grâce à un manche à balais coupé à la dimension adéquate, les vérins faisant visiblement parties des faiblesses de l’auto !

Mais comme je suis un rien impatient, je décide de passer directement aux choses sérieuses. Contact, moteur, le grognement du V8 couvre le bruit des quelques flat-six qui ronronnent alentours… la ligne inox y est sûrement pour quelque chose. Après quelques instants de dandinement sur ses suspensions(on se croirait dans une mustang Mach1) le ralenti se stabilise, le moment que je choisi (le temps qu’elle monte un peu en température) pour faire le tour du propriétaire, il s’agit donc d’un model 1977 (en boite automatique et conduite à droite) de couleur bleu glacier métallisé (dans l’euphorie du moment je n’ai pas fait de photo, celles illustrant ce texte correspondant à un autre spécimen du même modèle ) avec jantes alliage d’origine, siglées Lagonda et équipées de 225/70/15 (autres temps…) elle est entièrement conforme à sa sortie d’usine (exception faite de l’échappement sus-cité), donc avec calandre 2 phares et grosse prise d’air (factice) sur le capot, permettant de loger la (colossale) boite a air. Quelques légères cloques sont à noter au niveau des ailes arrière (en aluminium…) du au contact des passages d’ailes en acier, mais rien de bien grave, et au final elle présente très bien.

Action, je me faufile derrière le volant, et suis surpris par la position de conduite plus allongé que je ne l’aurais imaginé, mais il y a moyen de s’installer très confortablement. Levier de vitesse sur D et en route, le long capot (dont on ne voit pas le bout) se fraye majestueusement un chemin dans la circulation, et grâce a l’aide d’une direction idéalement assisté cela ne tourne pas au cauchemar, mais il faut quand même faire attention au gabarit de l’auto. Au fur et a mesure que la circulation se fluidifie, j’augmente le rythme, et rejoint la voie rapide (un petit bout d’autoroute Allemande entre la banlieue ouest et Paris…). La voie d’accélération est l’endroit idéal pour ouvrir en grand pour la première fois, et j’ai l’impression de me retrouver dans un… Riva (célèbre bateau, que l’on peut voir comme l’équivalent de l’ASTON, sur l’eau), en effet, le long nez se cabre a mesure que le V8 prend ses tours et que le bruit change de registre, nous sommes passé du guttural , au grondement aérien (non ce n’est pas une contradiction dans les termes !) ça se situe quelque part entre le V8 américain et le V8 Alfa de la Montréal, et bien que l’accélération ne soit pas phénoménale, le fait qu’elle soit du autant au couple qu’a la puissance (380cv), à quelque chose d’assez jouissif. La tenue de cap n’appelle aucune remarque particulière, tant elle est saine dans ces conditions (route sèche, large et plane), par contre le freinage s’avère plus que léger, et il vaut mieux anticiper. Retour sur des routes plus hostile pour ce type de véhicule, à savoir étroite et tournicotante. Evidemment la belle est moins à son aise perchée sur ses hautes roues, mais permet toutes les fantaisies (a condition de savoir ce que l’on fait) et au bout de quelques minutes on se surprend à négocier la moindre courbe dans un impressionnant sur-virage, bien calé dans le fauteuil et le bras gauche sur l’accoudoir, à contrôler la dérive uniquement a l’accélérateur, ça n’est pas très efficace, franchement décalé avec ce genre d’engin, mais follement drôle… avec modération tout de même !
Sur route humide, une attention particulière sera bien entendu requise, comme sur n’importe quelle propulsion de ce niveau de puissance et de cette époque, donc dépourvue d’assistances.

La consommation de son coté, fera de vous l’idole du pompiste du coin, puisque cela descend difficilement en dessous des 20l/100km et jamais sous les 17l/100km !

Au final, je garderais le souvenir d’une auto plutôt facile à conduire, se prêtant à toutes les humeurs de son pilote, sans jamais essayer de le désarçonner si on la respecte, et au physique plus qu’avantageux.
Bref si vous cherchez une ancienne de classe, utilisable sur route, et vous classant d’emblée dans la catégorie des épicuriens de la route, Miss AM V8 devrait se trouver en tête de votre liste !!

Pour ceux qui seraient tenté par l’aventure de convoler en justes noces avec cette belle dame, il faudra prévoir, outre le prix d’achat, les budgets d’entretien et de réparation dû à son rang, à savoir princier, une ASTON ne s’entretien pas chez le petit garagiste du coin, et ne saurait montrer ses entrailles qu’a un spécialiste patenté.

Credit photo : Aston Martin Lagonda

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